28 septembre 2009
Danse au bord de l'abîme 4 28_09_09
Bon…
5 Milliards de morts d’ici 2050 pour réaliser la
nécessaire réfaction d’espèce…
Tu
vas me dire : et alors ? Faut
ce qu’il faut et fauche qui peut, comme dirait Thanatos. Et là je t’approuve…On
ne va pas pleurer sur sapiens qui tue 50 milliards d’animaux de rente annuellement.
Mais
regardons néanmoins à partir de Darwin. Parce que tous les sapiens ne l’ont pas
forcément bien compris, le cher homme.
Il
y en a même qui croient encore que
« la fonction crée l’organe ».
Bin
non.
Et
çà on en est sûr. La Nature joue aux dés : c’est la variabilité génétique
au sein de l’espèce. Des traits différents, des phénotypes différents dit-on, à
chaque génération, pour chaque espèce.
Ainsi
tu as, par exemple, des mouches qui clignent des yeux en pétant, d’autres non.
Une expérience réalisée sur des drosophiles, plusieurs années durant, a permis
de vérifier le caractère aléatoire des variations génétiques et surtout le
caractère opportuniste des sous populations dominantes.
On
a fait varier le milieu ambiant des drosophiles à plusieurs reprises, et ce d’une
manière conséquente : milieu très sec, température élevée ou basse, milieu
riche ou pauvre en nourriture…etc. Ce sont des exemples…Au bout de quelques
générations, pour chaque milieu, une sous population dominait. Différente de la
précédente. Au bout de quelques années on est revenu aux conditions ambiantes initiales.
De nouveau, comme au début de l’expérience, une sous population dominait, la plus adaptée. Mais c’est là
l’intérêt de l’expérience, cette nouvelle sous population n’avait que peu à
voir avec celle qui dominait au départ.
La
Nature n’a pas de mémoire, ce n’est pas le milieu qui pré détermine les
fonctionnalités, les organes : elle joue aux dés. Elle produit des solutions particulières, que l’on
pourrait dire locales en fonction du temps. Ces solutions sont, à un instant
donné, plus ou moins bonnes, mais jamais optimales puisque potentiellement
elles sont multiples.
Alors
évidemment il n’y a pas de sommet de la création et sapiens a donc là, bien
enfoncé, mon doigt dans l’cul.
Mais
ce qui est très con c’est que les équilibres actuels, hors sapiens, sont le
fruit de patientes et DOULOUREUSES évolutions pour les êtres, les étants, sur
plus d’un milliard d’années.
Combien
de sacrifices et de souffrances, au sein de chaque espèce, pour en arriver
là ! Car le phénomène de sélection est cruel, utilitaire : qu’importe
les agonies de ceux qui génétiquement ne survivront pas. La douleur n’a là plus
aucun rôle de prévention, alors que c’est sa fonctionnalité propre. Elle devient
sans finalité réelle puisqu’elle est alors sa propre fin.
Imagine
la peau d’un requin qui est écaillée, donc non lisse. Cela défie toutes les
lois a prioriques de l’hydrodynamique si l’objectif est d’avoir la vitesse plus élevée possible dans l’eau, ce
que réalise le requin au sein des
poissons. Cela amusait les aérodynamiciens, jusqu'à il y a une vingtaine
d’année, ce corps non lisse. Et pourtant
après avoir consenti à effectuer des essais de la peau de requin en soufflerie
il a fallu reconnaître que cette singularité était plus efficace et que l’architecture
complexe de l’écaille du requin favorise davantage l’écoulement d’un fluide qu’un corps lisse.
Evidemment sapiens a copié cela très vite en l’appliquant notamment dans le
domaine spatial.
C’est
juste un exemple qui fait pas pleurer, mon titou… ;)
Pense
aussi, quand même, que si tes plaies cicatrisent, si tu as des paupières,
d’autres n’ont pas été pourvus de ces caractères…Et qu’ils ont disparus parce
qu’ils souffraient trop. Ils n’étaient pas adaptés dit-on pudiquement. Mais
pense au principe actif de la SELECTION, penses-y : c’est la souffrance
extrême.
La
Nature a créé, hors sapiens, essai osé développant de fortes capacités
cognitives, de merveilleuses architectures COMPLEMENTAIRES, vivant en symbiose,
mutualisme ou coopération, par de simples jetés de dés sur un tapis vert, un nombre considérable de fois.
Sapiens,
pour sa part, n’a là encore pas de pot. Sa variabilité génétique est faible. La
cause actuellement retenue serait que son espèce a failli disparaître par le
passé, se réduisant à quelques centaines d’individus. Cà ça ne se rattrape guère
et quand tu bourres maintenant c’est toujours avec une lointaine
cousine ou un lointain cousin ;) Consanguin en plus le sapiens ! Donc
peu adapté aux variations de milieu : tout pour plaire ;)
Mais
ça ne l’empêche pas de détruire actuellement les espèces les plus VIABLES, à
long terme.
Là
tu me permettras quand même de verser une larme, même en tant qu’anti spéciste,
et donc centré sur l’être, car dans tout anti spéciste il y a un écolo qui
sommeille.
Bon.
Je
vais encore te simplifier le topo. Et comme çà on arrivera à Freud.
T’as
deux forces, mon titou. Eros et Thanatos (et pas comme je l’ai entendu une fois :
Eros et Tétanos). Eros c’est la puissance de la pulsion de vie, de la libido.
La libido c’est ce qui rassemble, ce qui s’essaye à l’Autre, le lien et
l’intersubjectivité.
Thanatos
c’est l’inverse, c’est la puissance de dislocation de l’être, la pulsion de
mort, la désunion, le retour à l’inerte, au minéral.
Par
exemple la pulsion de la libido crée l’être multicellulaire, à partir des
eucaryotes, au bout d’un milliard d’années. Oui, c’était sur la terre ;)
Nous
sommes du lien. Nous sommes des milliards de milliards de cellules qui
s’organisent en un tout.
C’est
beau, hein ?
Et
puis en face tu as ceux qui ne maîtrisent pas : les délinquants
relationnels. Un chasseur sapiens par exemple. Au lieu de jouir du pur plaisir
d’exister, lui, ce qui va l’intéresser, c’est de créer de la dislocation, du
néant. Pas pour un simple profit de persévérance en son être, pas pour des nécessités
ontologiques : Il a rarement faim lorsqu’il chasse et le coup de fusil n’est
là que pour le seul plaisir de détruire du vivant, pour créer de la mort. Il est là, présent,
comme simple pervers infantile car incapable de jouir d’une manière qui ne
s’approprie pas l’autre, son corps ou son âme. Mendiant impuissant et sans rêves,
incapable d’émerveillements sensibles, il se résume dans le travail de sa
pulsion de mort.
T’en
fais pas, mon titou, comme je le dis parfois : « il s’enfonçait le doigt
dans l’œil de sa mère pour voir si ça fait mal ».
Et
ça lui a fait mal, très mal… ;)





