29 mai 2009
Castration des porcelets 30_05_09
L'organisation de défense des droits des animaux GAIA, qui mène une campagne contre la castration chirugicale (à vif) des porcelets dans notre pays, se réjouit d'apprendre que la Commission européenne a donné le feu vert à la commercialisation de l'Improvac. Ce vaccin, un produit d'immuno-castration développé par la société pharmaceutique Pfizer, constitue une alternative à la castration chirurgicale (à vif) des porcelets, pratiquée pour éviter l'odeur dite "de verrat" *. Le fabricant a fait savoir qu'Improvac serait disponible sur le marché européen à partir du mois de juillet. Grâce à l'immuno-castration, le secteur porcin belge pourra chaque année éviter des douleurs sévères inutiles à 5,6 millions de porcelets.
GAIA insiste donc pour l'instauration d'une législation qui mette rapidement fin à la castration chirurgicale des porcelets. Il revient maintenant au secteur de montrer qu'il prend le bien-être porcin au sérieux, d'appliquer l'immuno-castration et de ne plus s'opposer à une interdiction de la castration chirurgicale des porcelets.
"La castration chirurgicale des porcelets doit cesser", déclare la directrice de GAIA, Ann De Greef. "Le secteur de l'élevage porcin n'a à présent plus d'excuse pour poursuivre cette maltraitance animale." Outre la prévention de douleurs inutiles, ce vaccin offre également de nombreux avantages à l'éleveur, parmi lesquels, non des moindres, un meilleur taux de conversion alimentaire.
* L'odeur de verrat est une odeur désagréable qui peut apparaître lors de la cuisson de la viande chez tout au plus 5% des porcs mâles non-castrés (ou verrats) pesant plus de 85 kg. De nombreux consommateurs ne perçoivent pas cette odeur.
Pouvoir faisandé et sordides crapules 29_05_09
PARIS (Reuters) - Julien Coupat, principal suspect dans le dossier des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008, a quitté la prison de la Santé après six mois et demi de détention provisoire, apprend-on de source policière.
.../...
La remise en liberté de ce jeune homme de 34 ans, écroué depuis le 15 novembre, met fin partiellement à une controverse politique sur ce dossier, qu'une partie de la gauche et de l'extrême gauche considère comme un montage.
Le PS a salué cette sortie de prison, déclarant dans un communiqué que c'était "une très bonne nouvelle pour Julien Coupat, pour ses proches et pour le droit". Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du groupe communiste du Sénat, estime que l'affaire tourne au "fiasco".
Le député PS Arnaud Montebourg a de son côté demandé la démission de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, coupable à ses yeux de "manipulation".
"Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n'importe quel pays démocratique, cela vaut une démission", dit-il dans un communiqué.
QUATRE DEMANDES REPOUSSÉES
Quatre demandes avaient jusqu'ici été rejetées par les juges des libertés et, en appel, par la chambre de l'instruction de Paris.
Julien Coupat reste mis en examen pour "destruction en réunion et direction d'une association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises.
Il a été auditionné cette semaine pour la cinquième fois par le juge d'instruction, et le parquet expliquait donc que les éléments recueillis étaient suffisants pour envisager sa remise en liberté dans l'attente de la suite de la procédure.
Juridiquement, sa remise en liberté n'est pas un aveu de faiblesse de l'accusation, puisque la liberté est en théorie la règle dans le droit français, en raison du principe de la présomption d'innocence.
En pratique cependant, la remise en liberté de tous les membres de ce qui est suspecté être un groupuscule violent n'est quasiment jamais prononcée avant le procès.
Julien Coupat est présenté par l'accusation comme le chef d'un mouvement d'ultragauche auquel sont imputés les sabotages commis par le placement de fers à béton sur des caténaires dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, ainsi que le 26 octobre 2008.
Il clame son innocence et se dit victime d'un dossier monté de toutes pièces. Neuf personnes sont mises en examen au total dans ce dossier mais Coupat était le dernier à être en prison, les autres personnes ayant été libérées au fil de l'enquête.
Dans un texte publié cette semaine dans Le Monde, il décrivait la prolongation de sa détention comme "une petite vengeance" mais se réjouissait paradoxalement de son sort, dont il rendait responsable ce qu'il appelle "la clique sarkozyste".
"Chaque manoeuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente, ce n'est pas le moment de perdre courage", disait-il.
Source REUTERS
La manipulation sordide est si crédible que ce pouvoir est misérable. La face des grands bourgeois en pleine lumière...
27 mai 2009
Satie : la journée d'un artiste
L’artiste doit régler sa vie.
Voici l’horaire précis de mes actes journaliers :
Mon lever : à 7h18 ; inspiré : de 10h23 à 11h47. Je déjeune à 12h11 et quitte la table à 12h14.
Salutaire promenade à cheval, dans le fond de mon parc : de 13h19 à 14h53. Autre inspiration : de 15h12 à 16h07.
Occupations diverses (escrime, réflexions, immobilité, visites, contemplation, dextérité, natation, etc.) : de 16h21 à 18h47.
Le dîner est servi à 19h16 et terminé à 19h20. Viennent des lectures symphoniques, à haute voix : de 20h09 à 21h59.
Mon coucher a lieu régulièrement à 22h37. Hebdomadairement, réveil en sursaut à 3h19 (le mardi).
Je ne mange que des aliments blancs : des œufs, du sucre, des noix de coco, du poulet cuit dans de l’eau blanche ; des moisissures de fruits, du riz, des navets ; du boudin camphré, des pâtes, du fromage (blanc), de la salade de coton et de certains poissons (sans la peau).
Je fais bouillir mon vin, que je bois froid avec du jus de fuchsia. J’ai bon appétit ; mais je ne parle jamais en mangeant, de peur de m’étrangler.
Je respire avec soin (peu à la fois). Je danse très rarement. En marchant, je me tiens par les côtes et regarde fixement derrière moi.
D’aspect très sérieux, si je ris, c’est sans le faire exprès. Je m’en excuse toujours et avec affabilité.
Je ne dors que d’un œil ; mon sommeil est très dur. Mon lit est rond, percé d’un trou pour le passage de la tête. Toutes les heures, un domestique prend ma température et m’en donne une autre.
Depuis longtemps, je suis abonné à un journal de modes. Je porte un bonnet blanc, des bas blancs et un gilet blanc.
Mon médecin m’a toujours dit de fumer. Il ajoute à ses conseils : — Fumez, mon ami : sans cela, un autre fumera à votre place.
Mémoires d'un amnésique : 1913
26 mai 2009
Satie : vas y chochotte !
Et voilà le prince Erik...présenté par lui même...Un joueur d'amoureux, un chagrin dans les rues...Ah, Suzanne t'as pas été sympa avec le gymnosophiste...
Tout le monde vous dira que je ne suis pas un musicien. C'est juste.
Dès le début de ma carrière, je me suis, de suite, classé parmi les phonométrographes. Mes travaux sont de la pure phonométrique. Que l'on prenne le « Fils des Étoiles » ou les « Morceaux en forme de poire », « En habit de cheval » ou les « Sarabandes », on perçoit qu'aucune idée musicale n'a présidé à la création de ces œuvres. C'est la pensée scientifique qui domine.
Du reste, j'ai plus de plaisir à mesurer un son que je n'en ai à l'entendre. Le phonomètre à main, je travaille joyeusement & sûrement.
Que n'ai-je pesé ou mesuré ? Tout de Beethoven, tout de Verdi, etc. C'est très curieux.
La première fois que je me servis d'un phonoscope, j'examinai un si bémol de moyenne grosseur. Je n'ai, je vous assure, jamais vu chose plus répugnante. J'appelai mon domestique pour le lui faire voir.
Au phono-peseur un fa dièse ordinaire, très commun, atteignit 93 kilogrammes. Il émanait d'un fort gros ténor dont je pris le poids.
Connaissez-vous le nettoyage des sons ? C'est assez sale. Le filage est plus propre ; savoir classer est très minutieux et demande une bonne vue. Ici, nous sommes dans la phonotechnique.
Quant aux explosions sonores, souvent si désagréables, le coton, fixé dans les oreilles, les atténue, pour soi, convenablement. Ici, nous sommes dans la pyrophonie.
Pour écrire mes « Pièces froides », je me suis servi d'un caléidophone-enregistreur. Cela prit sept minutes. J'appelai mon domestique pour les lui faire entendre.
Je crois pouvoir dire que la phonologie est supérieure à la musique. C'est plus varié. Le rendement pécuniaire est plus grand. Je lui dois ma fortune.
En tout cas, au monodynamophone, un phonométreur médiocrement exercé peut, facilement, noter plus de sons que ne le fera le plus habile musicien, dans le même temps, avec le même effort. C'est grâce à cela que j'ai tant écrit.
L'avenir est donc à la philophonie.
Mémoires d'un amnésique, 1912
14 mai 2009
La pensée animaliste versus écologiste 14_05_09
Il est de bon ton de caricaturer la pensée animaliste et de la réduire à un sentimentalisme incohérent. La récente prestation de Brigitte Bardot en a donné l'occasion à Louis-Gilles Francoeur dans son article «De l'animalisme primaire» (Le Devoir, le 23 mars 2006).
Il est facile de s'en prendre à une vieille dame dont le discours n'est effectivement pas toujours très éloquent, mais en tirer des conclusions sur la «pensée animaliste» en général (comme s'il n'y en avait qu'une), c'est pratiquer l'amalgame et la désinformation, que le journaliste dénonce par ailleurs lui-même à juste titre. Si le plaidoyer de Brigitte Bardot est «primaire», le portrait simpliste que M. Francoeur dresse d'un mouvement complexe l'est tout autant.
Le journaliste, habitué des questions environnementales, se revendique d'une «pensée écologiste» qui doit être distinguée de la «pensée animaliste». C'est tout à fait juste, et on peut préciser cette différence.
D'abord, l'éthique animale (pensée animaliste) ne s'intéresse qu'aux êtres vivants sensibles car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes et les choses inanimées (les arbres, l'eau, etc.) ne sont considérées qu'en fonction de leur lien (l'environnement, l'habitat) avec l'animal, dont elles conditionnent le bien-être, tandis qu'en éthique environnementale (pensée écologiste), cet environnement fait lui-même l'objet d'une considération morale directe.
Ensuite, l'éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu'elle cherche à éviter ou au moins à minimiser. Ce n'est pas le cas de l'approche environnementale, pour laquelle la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature.
Enfin, la perspective de l'éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent) tandis que celle de l'éthique environnementale est généralement holistique et s'attache à la protection des espèces et des écosystèmes.
À la lumière de cette distinction, on comprend mieux le point de vue de M. Francoeur. Néanmoins, certains problèmes persistent. J'en distinguerai trois.
Des arguments qui ne tiennent pas
Premièrement, dire que la chasse aux phoques est légitime du seul fait que l'espèce n'est pas en danger repose sur des prémisses discutables. Cela revient en effet à considérer les animaux non humains comme des ressources dont on peut disposer à notre guise, à condition toutefois de ne pas les épuiser, comme on le fait des végétaux et des minéraux. On parle d'ailleurs de récolte plutôt que de chasse, comme pour mieux oublier ce qui distingue un être vivant sensible d'un champ de blé. Cela revient donc à penser l'homme «maître et possesseur de la nature» dans la perspective anthropocentrique, occidentale et chrétienne qui sert à justifier l'exploitation animale depuis 2000 ans.
Deuxièmement, le fait que la chasse soit une activité «traditionnelle» n'a strictement aucune valeur argumentative. C'est un sophisme bien connu, un appel à la tradition (argumentum ad antiquitam), abondamment utilisé dans d'autres pays pour justifier le foie gras et la corrida, par exemple, et qui ne résiste pas au tribunal de la raison: au nom du respect de la tradition, nous en serions toujours aux combats de gladiateurs, à l'esclavage, à la torture, à la peine de mort, et nous ne questionnerions pas la légitimité de l'excision. Mieux vaut donc parler d'une «chasse de subsistance», qu'il faut distinguer de la «chasse commerciale».
M. Francoeur nous dit qu'il est raciste de permettre cette chasse de subsistance pour les Inuits mais pas pour les Blancs. C'est détourner le sens du mot «subsistance». D'un point de vue animaliste, il est acceptable que les Inuits chassent le phoque car il s'agit d'un besoin nécessaire (se nourrir), mais il n'est pas acceptable de chasser le phoque à grande échelle pour faire des manteaux de fourrure ou des cosmétiques car il s'agit d'un désir contingent (tirer profit du commerce d'objets futiles). La distinction est claire et ne repose pas sur l'origine ethnique des chasseurs mais sur leurs motivations.
Pour la même raison, les animalistes condamnent la chasse sportive précisément parce qu'elle est un loisir. Il s'agit de rappeler qu'ôter la vie à un être vivant sensible n'est justifiable que par la nécessité.
Différence de degré, non de nature
Troisièmement, le journaliste affirme que la pensée animaliste «repose sur la croyance que les animaux ont une "âme", une anima en latin, ce qui leur conférerait des droits, curieusement non contrebalancés de responsabilités, comme le veut la définition philosophique ou morale la plus élémentaire». C'est tout simplement faux. D'abord, «la» pensée animaliste n'existe pas. L'éthique animale est un vaste domaine qui réunit des dizaines de courants.
Ensuite, la plupart de ces positions sont tirées non d'une croyance mais au contraire de la science elle-même (biologie, zoologie, éthologie) qui nous enseigne à quel point la différence entre l'homme et l'animal n'est qu'une question de degré et non de nature, comme l'a montré Darwin, et qui nous rappelle que nous partageons 99 % de notre ADN avec le chimpanzé. Cela n'a rien à voir avec une quelconque croyance, et encore moins avec l'âme. D'ailleurs, qu'est-ce que l'âme?
La croyance, au contraire, est dans l'anthropocentrisme qui, contre les preuves scientifiques, persiste à vouloir arracher l'homme de l'animalité pour mieux autoriser l'exploitation de ses frères inférieurs. La croyance est dans ce préjugé, très chrétien d'ailleurs, selon lequel «l'animal a été créé pour être au service de l'homme».
Enfin, de nombreux courants ne revendiquent pas des «droits» pour les animaux mais se contentent d'insister sur nos devoirs envers eux, défendant par exemple une égalité de considération, qui n'appelle aucunement l'égalité de traitement ou l'application des droits de l'homme aux animaux. C'est notamment le cas de l'utilitarisme de Peter Singer.
Par ailleurs, le fait que des droits puissent ne pas être contrebalancés de responsabilités n'a rien de curieux: n'est-ce pas le cas des enfants et des handicapés mentaux humains? La question est alors de savoir au nom de quoi ils sont malgré tout protégés.
Si c'est en vertu de leur appartenance à l'espèce humaine, c'est du spécisme, et les animalistes le rejettent au même titre que le racisme et le sexisme. Et si c'est en vertu de leur capacité à souffrir, alors les animaux qui possèdent également cette capacité doivent aussi être protégés. Dans tous les cas, la question mérite d'être posée avec rigueur et précision.
11 mai 2009
Une espèce de mammifères sur dix menacée en France métropolitaine 11_05_09
Les résultats de ce troisième chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France révèlent
que onze espèces de mammifères sur 119 (dix espèces continentales et une marine) sont menacées
de disparition du territoire métropolitain. Ces chiffres sont issus de l’évaluation réalisée par le
Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité français de l’UICN, en partenariat avec la Société
française pour l’étude et la protection des mammifères et l’Office national de la chasse et de la faune
sauvage.
Sur les 33 espèces de chauve-souris évaluées, sept figurent dans la catégorie “quasi-menacée”, notamment
en raison du déclin de leur population, et quatre autres sont menacées d’extinction. C’est le cas du
Minioptère de Schreibers, classé “vulnérable”, et du Rhinolophe de Méhely, “en danger critique”. La situation
actuelle de ces espèces est la conséquence de nombreuses menaces : dérangement dû à une fréquentation
accrue des principaux gîtes, dégradation de leurs habitats causée par l’urbanisation et raréfaction des proies
due à l’utilisation intensive de pesticides.
Concernant les cétacés, la moitié des espèces a dû être placée dans la catégorie “données insuffisantes”,
en raison du manque de connaissances et de données disponibles. Pourtant, certains de ces mammifères
marins pourraient bien être menacés en France, car ils sont affectés par de multiples pressions incluant la
pollution sonore due au trafic maritime et aux sonars militaires, les pollutions chimiques, les captures
accidentelles liées à l’utilisation illégale de filets dérivants et la surpêche affaiblissant leurs ressources
alimentaires.
Enfin, d’autres espèces autrefois présentes sur le territoire métropolitain en ont aujourd’hui totalement
disparu. C’est le cas du Bouquetin des Pyrénées, de la Baleine des basques, et du Phoque moine, disparu
des côtes provençales dans les années 30 et de Corse à la fin des années 70.
.../...
Communiqué de presse du muséum d'histoire naturelle et de l'UICN
lien inventaire du patrimoine naturel : http://inpn.mnhn.fr/inpn/fr/conservation/LR/index.htm






