Animal mon prochain

La boucherie transcendante, Capital et réification, les chemins du Réel.

04 juin 2008

La demande des agrocarburants

L’éthanol, ou alcool du vin, est de plus en plus utilisé comme substitut d’essence. Pour l’énergie comme pour la boisson, on le produit par fermentation de n’importe quelle matière sucrée. Sa production s’est très fortement développé ces dernières années, utilisant principalement le maïs comme matière première. Près de 190 millions de barils d’éthanol seront produits cette année aux USA, ce qui vient remplacer quelque chose comme 2% de leur consommation de pétrole (le pouvoir calorifique d’un litre d’éthanol est inférieur à celui d’un litre de pétrole). Comme le bilan énergétique et écologique de l’éthanol est assez contesté (beaucoup d’énergie est consommée pour le produire), la contribution réelle de ce biocarburant à l’autonomie énergétique du pays et à la lutte contre l’effet de serre est plus que contestable, et quelques mesures simples d’économie de pétrole auraient sans doute un impact supérieur.

Mais, ce qui nous intéresse, c’est que ces usines d’éthanol consomment une quantité immense de céréales : en 2007, 25% de la production de maïs des Etats-Unis ont été absorbés par cette industrie, la part sera encore supérieure cette année. Cela a donc réduit les exportations de céréales américaines, contribuant à mettre le marché mondial en situation de manque.

Un rapporteur de l’ONU faisait remarquer que pour produire 50 litres de bioéthanol (un plein, équivalent énergétiquement à 30 litres d’essence), il faut plus de 300 kg de maïs, équivalent de ce qu’il faut pour nourrir un enfant pendant un an !

Si la crise alimentaire va probablement faire stopper les subventions à l’industrie de l’éthanol et donc la construction de nouvelles usines, il n’y a aucune raison de supposer que les usines existantes vont fermer vu qu’elles sont très rentables, le prix du carburant ayant encore plus augmenté que celui de la matière première. Au mieux, certaines changeront de matière première .

Au brésil, la production d’éthanol à partir de canne à sucre est bien meilleure en termes de rendements et d’écobilan, ce qui n’empêche qu’elle utilise des surfaces agricoles importantes au détriment d’autres culture. Très rentable du fait des cours des carburants, les cultures à but énergétique vont probablement continuer à se répandre dans les années qui viennent.

Ainsi le Ghana et la Suède viennent de signer un contrat selon lequel 30 000 hectares au Ghana seront cultivés en canne à sucre pour fournir de l’éthanol aux automobilistes suédois, et ce alors que le Ghana fait parti des pays les plus touchés par la crise alimentaire.

Posté par dingos à 15:34 - carburants - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Erosion des surfaces arables

A l'échelle du globe, les pertes de surfaces arables sont estimées à une fourchette comprise entre 70 000 et 140 000 km2 par an

Soit à titre de comparaison entre 12 et 25% du territoire français par an

Ca n'arrange vraiment rien...

Posté par Dingo, 04 juin 2008 à 16:39

Fabrice Nicolino (http://fabrice-nicolino.com/biocarburants/) parle lui de nécrocarburants.
Terme singulièrement parlant, je trouve !

Posté par TAOMUGAIA, 06 juin 2008 à 12:34

à TAOMUGAIA

Le lien ne fonctionne pas.

Amitiés

Posté par Annette, 06 juin 2008 à 21:30

Bonjour Phildos

Phildos

Je pense que ta semaine est très chargée en preparation.

bon courage

je ne vais pas trop écrire,mon disque dur à rendu l'âme;j'ai perdu beaucoup de donnés et mon fils n'a pas beaucoup de temps pour le réparer.

Il est à changer je crois

Aussi je tenais à te souhaiter bon voyage à toi et ton fils,ramenez nous de bons et beaux souvenirs,

Votre pensée quelquefois rejoindra Dingo,en voyant les vaches sacrées.

Bon voyage et à bientôt

Posté par Annette, 10 juin 2008 à 09:51

de passage

Précision utile Raminagrobis. Même si là, pas vraiment le temps de me pencher sur la question. Je tâcherai de voir un maximum de choses en direct live en Inde.

Préparatifs donc Annette, même si en fait je passe plutôt mon temps à boucler les travaux en cours. Entre dernière copie à livrer (c'est fait) tonte de haie et rangement de bouquins.

Finalement Gauvain, nommé photographe de l'expédition, dépotera quelques images sur un blog sommaire. Pour les familiers, l'adresse sera disponible en m'envoyant un mail.

Bonne semaine à tous, je tâche de repasser avant de partir.

bises

Posté par phildos, 10 juin 2008 à 21:29

pour info

Je viens de recevoir ce mail. Je serai parti mais ça a l'air passionnant.


Pourquoi le lion est infanticide et le loup monogame ?



Le soldat termite kamikaze se fait exploser face à l’ennemi ; la fourmi élève des pucerons et cultive des champignons ; les lionnes chassent en meute tandis que la panthère chasse en solitaire ; le gorille est polygame quand le gibbon est monogame à vie et la femelle ouistiti polyandre ; certaines sociétés sont ouvertes (chimpanzés) alors que d’autres sont fermées (rats) : Comment ces comportements ont-ils pu être favorisés au cours de l’évolution et à quels impératifs écologiques répondent-ils ?



La science des comportements du vivant



« C'est bien une seule et même logique qui rend les paons et les éléphants de mer polygynes, prédispose les ouistitis et les jacanas à la polyandrie et assure le triomphe de la monogamie chez les loups et les flamants roses. De même qu'elle explique une multitude de comportements qui nous paraissent de prime abord illogiques, à l'instar du comportement infanticide des lions mâles ou de la gestation devenue l'apanage des mâles chez l'hippocampe. » répond Franck Cézilly, professeur d’écologie comportementale à l’Université de Bourgogne et auteur d’une histoire naturelle de la monogamie. [1]



Cette logique c’est celle de l’évolution des espèces mise en lumière par Charles Darwin. Les idées de sélection naturelle et de sélection sexuelle ont ainsi profondément renversé les façons de penser ; née de la convergence entre l’éthologie (étude du comportement animal), l’écologie (étude du milieu), la biologie des populations et les sciences de l’évolution, l’écologie comportementale s’intéresse aux « décisions » stratégiques des organismes vivants : choisir un habitat, chercher de la nourriture, choisir un partenaire, coopérer, se défendre.



Qu'en est-il de l'homme ?



L’écologie comportementale trouve de nombreuses applications dans la biologie de la conservation mais un de ses enjeux, source de controverses, consiste aussi à tester l’intuition gradualiste de Darwin [2], selon laquelle il n’y a pas de différence de nature mais uniquement en degré entre les fonctions cognitives animales et humaines ; replaçant les comportements du primate que nous sommes dans une perspective évolutionnaire, l’écologie comportementale interroge donc également le substrat biologique des fonctions cognitives humaines.



« L'homme est un animal qui a la prétention de ne pas en être un. C'est toute la beauté de l'homme de vouloir échapper à sa biologie mais c'est aussi son drame, son aveuglement. L'homme est beaucoup plus contraint qu'il ne le croit par sa biologie et par sa culture, entendue comme un sous-produit de la biologie ! » développe Etienne Danchin du laboratoire d’Evolution et Diversité biologique de l’Université de Toulouse et co-auteur d’un traité d’écologie comportementale [3].



Conférence au Muséum



L’Association Nantes-Atlantique pour l’Information Scientifique, dans le cadre de ses conférences au Muséum, vous propose d’aller à la découverte de l’écologie comportementale, ses origines et son histoire, ses controverses et son avenir, en invitant le biologiste Jean-Sébastien Pierre, professeur et directeur de l’unité de recherche « Ecologie, Biodiversité, Evolution » (Ecobio) de l’Université de Rennes 1. La conférence (entrée libre) suivie d’un débat se tiendra au Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes le mardi 17 juin 2008 à 20h30. Entrée par le 12 rue Voltaire, Nantes.





[1] Le Paradoxe de l'Hippocampe. Une Histoire Naturelle de la Monogamie. Frank Cézilly, Editions Buchet-Chastel

[2] The descent of Man. Charles Darwin (1871)

[3] Ecologie Comportementale. Etienne Danchin, Luc-André Giraldeau, Frank Cézilly (coord.) Dunod, coll. Sciences Sup,

Posté par phildos, 11 juin 2008 à 12:52

Merci pour l'info...

Oui plus qu'interessante cette conférence,c'est un peu loin dommage...Mais déjà nous pouvons refléchir.

Que sommes nous?

Est ce que je peux adhérer aux club des familiers?

J'envoi mon mail ce soir où demain

Quelle responsabilité,photographe de l'expédition

Bravo à Gauvain

Bonne journée

Posté par Annette, 11 juin 2008 à 14:16

les amis

Cette fois c'est la bonne. Nous partons cet aprem pour Paris, puis Londres et si tout va bien Bombay demain. Ensuite, si les dieux sont de bonne humeur, nous filerons au Bhoutan, le seul pays au monde où la peine de mort n'existe que pour les braconniers.

Juste une petite chose avant de décoller : mon passage ici a changé mon regard sur la condition animale.

bon été à tous,
la bise

Posté par phildos, 15 juin 2008 à 06:37

flute.....

Expo oblige et voilà j'ai loupé phildos

En esperant que la transmission de pensée existe:

bon voyage et bon séjour en Inde.....

A bientôt

Posté par Annette, 15 juin 2008 à 20:26

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